Virtuoses en rose
La performance d'un quatuor, jeudi soir à Saint-Martin d'Hères, a mis le festival 2005 sur orbite lyrique. Le chanteur belge vedette David Linx nuance son jazz, d'abord tout en harmonies, puis bercé par le swing. Une heure et demie de maîtrise technique, de rebondissements et de prises de risques.
Dans sa chemise rose, l'artiste bouge. David Linx s'impose comme un maître du phrasé improvisé. Après un début de concert sur un tempo medium et des mélodies étirées, il sillonne les allées du renouvellement perpétuel. Les syllabes s'enchaînent rondement. Le ton et le rythme s'envolent. Langoureux puis saccadé, le chant de Linx frise l'audace.
Solos effrénés en réserve : Diederik Wissels, au piano,
accroît le ravissement du public. La légèreté de
son jeu conforte le chanteur... Face au pianiste, la contrebasse s'avance à
son tour pour dominer l'ensemble. Les parties d'impro débarquent sans
prévenir. La prestation, presque une prestidigitation, s'achève
sur un solo de batterie, aux portes du rock n' roll.
Le public, en majorité "middle age", réclame un rappel. Il l'obtient sans attendre. Plusieurs spectateurs retiennent "la chaleur" du show, à leur sortie de l'Heure bleue. "C'est une belle découverte", résume Fabrice, 46 ans, venu découvrir le jazz sur invitation de sa fille.