Superbe conférence sur la batterie Jazz à la Maison de la Musique

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Jacques Bonnardel a judicieusement équilibré la conférence entre démonstrations live et discours plus didactique ...

Jacques Bonnardel a judicieusement équilibré la conférence entre démonstrations live et discours plus didactique ...

Jo Jones, Chick Webb, Kenny Clarke, Art Blakey … Comment dérouler l’histoire de la batterie Jazz en évitant l’écueil d’une longue et rébarbative liste de musiciens ?
Et bien, lundi soir, Jacques BONNARDEL a brillamment relevé et emporté le défi. Le fondateur de JAZZ ACTION VALENCE a su trouver l’équilibre entre extraits audio, extraits vidéo, démonstrations live et rappels didactiques.

La batterie n’existe que depuis un siècle, le saviez-vous ? Elle est née quelque part entre les tambours militaires des grognards de Napoléon (qui scandaient des “marches” pour motiver les troupes) et les tambours africains que les esclaves noirs ont emmenés avec eux en Amérique. La musique restait, alors, leur seul espace de liberté et d’expression.

Il faut se promener dans les rues de la Nouvelle Orléans au début du XXe siècle et s’arrêter sur Congo Square pour voir les premiers groupes tout entier dédiés aux percussions. Le jazz habite la rue à cette époque. Et puis, très vite, l’apparition des premiers clubs force l’imagination des musiciens.
Ces salles étroites et voûtées ne peuvent plus accueillir un homme pour chaque instrument : grosse-caisse, caisse claire, cymbales. Désormais, il faut un musicien pour l’ensemble. Les premières batteries telles qu’on les connaît aujourd’hui sont signées LUGWIG. Encore très simples, elles déploient néanmoins de superbes décors peints à la main, notamment sur la grosse-caisse.
Le voyage se poursuit à Chicago dans les années 20. Jo Jones, Cosy Cole et Chick Webb imposent le batteur comme leader potentiel, comme chef d’orchestre ! La batterie n’est plus restreinte au seul rôle d’accompagnement. Et voilà que l’on joue avec des baguettes, bien sûr, mais aussi des balais, des mailloches… La batterie se fait meneuse pour ce Jazz qui se danse jusque tard dans la nuit.

La Première Guerre Mondiale est conjointe à la création du Be Bop : musique qui, elle, s’écoute plus qu’elle ne se danse. Les clubs sont plus petits, moins nombreux. Kenny Clarke est le roi de l’époque. Dans les années 50 et 60, deux génies se distinguent aux côtés de Sony Rollins : Art Blakey et Roy Haynes. Technicité éblouissante et, surtout, un engagement physique (presque animal) encore rarement égalé. Ils jouaient leur vie sur scène ; ils mourront jeunes.
Avec le Jazz Rock et John Coltrane, on voit apparaître des batteurs qui jouent de façon beaucoup plus dense. Qui “donnent de l’épaisseur”. Jack DeJohnette, Elvin Jones, Tony Williams …

Plus que toutes ces figures mythiques, Jacques BONNARDEL a finalement mis en lumière une “nature” de batteurs. Une philosophie de jeu.
Parce que le vrai batteur de Jazz ne se pense qu’au travers d’un groupe, d’une création collective. L’écoute, la stimulation réciproque doivent être devant la technique. Il suffit d’écouter Daniel Humair et ses prises de risques constantes au service de la création pour comprendre !

Pour aller plus loin … : “Une Histoire de la batterie de jazz”, de Georges Paczynski

Un commentaire »

  • 1

    Bonjour,

    et Max Roach, bon sang, c’est un oubli, j’espère !

    Salutations.

    Boris Plotnikoff

    Commentaire par Boris Plotnikoff — 24 décembre 2010 @ 11:28

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