Blog de Jazz Grenoble

oct 20

“Les Femmes dans le Jazz”

Posté dans Non classéTags: | Retour à l'accueil du blog.

Cette année encore, le Hammam Café nous a ouvert ses portes pour le premier “Rendez-Vous du Jazz” de la saison, avec, pour inaugurer ce cycle de conférences, un thème engagé : “les Femmes dans le Jazz”.

Et un constat : il en va du monde du Jazz (qui, pourtant, s’enorgueillit tant et tant de son ouverture) comme de la société. Les femmes se heurtent aux mêmes difficultés : discrimination verticale, horizontale, “plafond de verre”, besoin de se masculiniser pour s’intégrer…

Les Femmes dans le Jazz ? Mais bien sûr, voyons ! Regardez donc toutes ces grandes chanteuses ! Ah, oui.
D’ailleurs, Philippe MÉZIAT (philosophe, journaliste, directeur du Bordeaux Jazz Festival) a ouvert son exposé par des chiffres forts : les voix du jazz sont des femmes à 65 %. Et ce sont elles (de Bessie Smith à Norah Jones) qui contribuent pour beaucoup à la vente de cds.
Et les femmes musiciennes ? Elles représentent seulement 4 % des instrumentistes jazz. La question se complique, pas vrai ?

Ne passons pas, aussi, à côté de superbes expressions récurrentes : “le sax faible”, “guerre des saxs, guerre des sexes”, “les filles arrivent…”
Bravo à Philippe MÉZIAT qui a illustré ses propos par une preuve concrète et tangible : les couvertures de 3 numéros de “Jazz Magazine” supposés dédiés à la place des femmes dans le Jazz. Belles photos de Unes (la tromboniste Melba LISTON en 1960, Dee Dee BRIDGEWATER en 1975, la saxophoniste Jane Ira BLOOM en 1982), sujets porteurs (”Les filles du Jazz”, “Les problèmes des femmes dans le Jazz”) et aucun approfondissement à l’intérieur. Juste la succession d’interviews et de portraits sans réelles interrogations.

Si la première partie des débats s’est faite clairement philosophique et sociologique, le reste de la soirée a permis d’aborder quelques figures féminines emblématiques, dont Pannonica DE KOENIGSWARTER, la “baronnesse du Jazz”. Ancienne aristocrate, figure flamboyante, elle a renoncé à sa famille et son milieu pour, dans les années Vingt et Trente, se consacrer aux musiciens (Thélonious MONK, Bud POWELL, Charlie PARKER…). Sa maison était un lieu d’aide, de refuge, de repos. Pas un seul grand musicien de l’époque qui ne lui ai dédié un morceau.

Côté instrumentistes, une longue liste de femmes a circulé : Hélène LABARRIÈRE, Mary-Lou WILLIAMS, Melba LISTON, Toshiko AKIYOSHI, Sylvie COURVOISIER, Jane Ira BLOOM…. Et, puisque nous sommes dans le monde de la musique, Philippe MÉZIAT a judicieusement ponctué son discours d’extraits audio.
Histoire de démontrer simplement, efficacement, indiscutablement que l’on écoute d’abord un “son”. Que l’on découvre et savoure un “talent”. Qui aurait encore l’archaïsme ou la bêtise de mêler le sexe à ça ?

Pour aller plus loin :

jazzwomen-une-liste-une-petite-bibliographie

Prochain “Rendez-Vous” :
lundi 16 novembre / Auditorium du Musée / 18h30 : Michel PETRUCCIANI, évocation en images avec Pascal ANQUETIL de l’IRMA, centre Info Jazz.

Commentaires (2)