Blog de Jazz Grenoble

nov 29

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Le Grenoble Jazz Festival a fusionné en 2010 avec les 38e Rugissants pour donner naissance au Détours de Babel…rendez-vous sur www.detoursdebabel.fr !!

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mar 27

rafale de news ….

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Bon, une semaine de péripéties musicales et autres à rattraper … Faisons court, faisons bien…

Que retenir de ces 7 derniers jours et 15 concerts ?

La si spirituelle rencontre entre Mieko MIYAZA (koto) et Michel BENITA (contrebasse) - au Musée d’Art Sacré Contemporain de Saint-Hugues-de-Charteuse - : ces deux-là ont fait rêver et pleurer le public d’émotion… D’un côte de la scène, Michel BENITA, figure active du jazz européen, et sa solide contrebasse. Personnage discret et élégant, musicien éminemment efficace dans ses créations personnelles comme dans sa lecture du répertoire. De l’autre côté, Mieko MIYAZAKI, joueuse charismatique de koto (instrument traditionnel du Japon), apportant sa délicatesse incomparable, son jeu très visuel.
Pour ce duo inédit, Michel et Mieko ont dépassé les frontières du jazz, pour livrer un moment singulier, au carrefour des musiques traditonnelles, baroques et contemporaines ; n’hésitant pas à s’aventurer sur la route du blues et du folk. Et pour saluer cette prestation rare, le soleil a même fait son apparition derrière les beaux vitraux de l’ancienne église, pour donner des contours presque divins aux notes du jour.

Impossible de ne pas revenir sur les rappels sans fin pour l’époustouflant Jean-Jacques MILTEAU au Prisme de Seyssins (mardi 23 mars) : Memphis, Chicago, blues, gospel ; une des plus chaleureuses soirées du Festival … et un quatuor en adéquation totale avec son public.

A Voiron, Jean-Marie MACHADO, André MINVIELLE et l’Orchestre DANZAS se sont joliment promenés sur La jolie soirée sur les terres de Boby Lapointe ..

Et bien sûr, l’annulation du concert de Hank JONES ! C’est le grand Anouar BRAHEM qui viendra illuminer la MC2: de ses rythmes d’orient …

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mar 21

c’était hier au Coléo…

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Samedi soir, direction Pontcharra et la belle salle du Coléo, pour découvrir une création franco-suisso-italiennne !

Et là, la claque ! Un son engagé, intense, puissant. Osons le dire, un son éminemment masculin et viril.
Le trio BIONDINI-GODARD-NIGGLI s’est lancé à corps perdu dans un de ces concerts qui vous font décoller de votre siège, le buste tendu vers l’avant pour ne rien perdre des échanges entre les musiciens.
Et quand, ils se sont piqués de revisiter la musique baroque, c’est la tendresse qui a fini de ravir le public.

crédit photo : P. Desay

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mar 21

“Violonc’élite”

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Juste splendide ! Quand la maîtrise instrumentale s’efface devant l’émotion, la rencontre et le don au public. Ersnt REIJSEGER a, une fois encore, élevé les âmes des spectateurs de l’Hexagone, vendredi soir ; avec à ses côtés, deux musiciens aussi habités que lui : Harmen FRAANJE (piano) et Mola SYLLA, héritier des chants magiques d’Afrique…

photos : JP Rosito & S. Cholier


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mar 21

Quelle classe !

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Ils sont venus en tribu : celle des gens du voyage qui portent leur mémoire dans la musique et dans le chant. Ils sont entrés en scène avec cette classe, cette sobriété et cette intensité des hommes de l’aride et fière Andalousie.
Il aura fallu deux rappels pour que le public consente à laisser partir Juan DE LERIDA et ses musiciens, après une démonstration splendide de “flamenco nuevo”.

” Les rythment pleuraient l’exil, errance originelle et permanente d’un genre qui a trouvé, pour quelques heures, sa terre au Théâtre en Rond. ”
Marie-Lilas VIDAL, Le Dauphiné Libéré.

crédit photos : S. Cholier

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mar 20

à Crolles aussi…

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Une soirée à l’esprit festif et transfrontalier (la Belgique était à l’honneur) pour cette venue du Festival à Crolles ! Expérimentation instrumentale, bonne humeur et jeu engagé : tous les ingrédients étaient réunis pour combler les spectateurs de l’Espace Paul Jargot.

Faisant de la scène un espace chaleureux et intime, le TRIO GRANDE a su créer une belle proximité avec le public. Les échanges se sont ainsi multipliés entre la salle et les musiciens, bons mots et confidences s’intercalant à merveille avec les compositions inédites de Michel MASSOT, Michel DEBRULLE et Laurent DEHORS.

crédit photos : JP Rosito

 

 

 

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mar 17

du côté du CHU …

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VIDEO

doux délires sonores au Musée des Sciences Médicales (La Tronche) … une belle idée pour la pause déjeuner !!

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mar 03

Le Jazz s’expose …

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Quelques instantanés pris au hasard d’une déambulation au centre-ville .. merci Kevin !

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jan 25

SOLO JAZZ GUITAR

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“Je me souviens encore de ma rencontre avec Joe Pass à la sortie d’un concert, en 1975 au festival d’Antibes-Juan les Pins. En quelques mots, il m’a donné une superbe leçon de guitare :le secret d’un bon solo, c’est de le construire autour d’une solide ligne de basse !”
Voilà comment Jacques PANISSET a commencé sa conférence, lundi dernier, à La Chaufferie.
Le décor est planté. Qui mieux qu’un guitariste passionné pour explorer une figure de style particulière : l’art de jouer en solo pour un guitariste de jazz !

Jacques PANISSET a illustré cette variété de jeu et de possibilités en choisissant de s’arrêter (grâce à des extraits audio et vidéo) sur de grandes figures, qui, toutes, témoignent aussi d’un contexte historique, social et artistique.

Drôle d’instrument que cet héritage des Maures d’Espagne (c’est le luthier espagnol Antonio de Torres qui, au XIXe siècle, donne à la guitare sa forme actuelle classique). Premier paradoxe, la guitare n’est ni parfaitement lyrique, ni parfaitement harmonique, ni parfaitement rythmique. Mais, en miroir à cette triple incapacité, elle est bien le seul instrument à justement pouvoir faire un peu des trois.
Un autre paradoxe de cet instrument est que, pendant toute sa période « classique », son répertoire est quasi exclusivement destiné aux solistes, que ce soit le solo absolu (voire le duo) ou le concerto pour guitare et orchestre. Il faudra du temps au jazz, qui est en construction il est vrai, se lance à son tour dans une démarche comparable !

En effet, lorsque le jazz découvre la guitare, c’est dans le sillage du blues, où elle règne essentiellement parce que c’est un instrument bon marché, plutôt complet et facilement transportable. Mais sa puissance est faible face aux cuivres et aux percussions. Il faudra donc la modifier en la dotant de cordes métalliques (grâce, notamment au luthier Christian-Frederick Martin). Ce qui va lui permettre peu à peu de rivaliser et de supplanter le banjo, lequel assure au début du siècle le principal soutien rythmico-mélodique des premiers orchestres.

Sur la toute première photo d’un groupe de jazz (celui de Buddy BOLDEN en 1908), on peut découvrir celui qui fût sans doute l’un des premiers du genre et dont on ne connaît aucun enregistrement, le guitariste Brock MUMFORD.
Vingt plus tard, c’est Eddie LANG qui va s’illustre clairement comme le premier guitariste de jazz à oser le solo (« April Kisses » 1er avril 1927). D’origine italienne, comme nombre de pionniers du jazz (son vrai nom est Salvatore MASSARO), il est, à la base, un formidable accompagnateur de chanteurs. Au point que le grand Bing Crosby (immense vedette à l’époque) fait ajouter une clause dans ses contrats spécifiant qu’Eddie est son accompagnateur attitré. On peut trouver dans cet art de l’accompagnement sûrement venu de la tradition européenne (voir l’extrait video où il est en duo avec la chanteuse Ruth ETTING) la base de la richesse de son jeu. Il fût, de plus, l’un des premiers à oser défier le racisme de l’époque (en 1930, un homme blanc et un homme noir ne pouvaient pas jouer ensemble), et c’est sous le pseudonyme de “Blind Willie Dunn” qu’il enregistrera ses fameux duos avec le guitariste de blues Lonnie JOHNSON. Il influencera des générations de musiciens, dont Django REINHART (notamment ses duos avec le violoniste Joe VENUTI).

À ce stade, il est impossible de hiérarchiser tous les noms qui jalonnent la première moitié du XXe siècle… du méconnu Oscar ALEMAN et son “Whispering” à Carl KRESS et Dick Mc DONOUGH pour leurs nappes sonores modales superbes (« Danzon ») et jusqu’à Georges VAN EPS, inventeur de la guitare à 7 cordes…

Et bien sûr : Django REINHARDT! Il fera de l’improvisation un art, grâce à une sophistication harmonique unique et une maîtrise absolue de son instrument (une création du grand luthier Macaferri produite par Selmer). Il va enregistrer au cours de sa (trop courte) carrière, une bonne douzaine d’improvisations en solo absolu qui sont, chacune, de véritables petits oratorios miniature et dans lesquels Django se permet toutes les audaces et fantasmes du compositeur de « grande musique » qu’il souhaitait être.

C’est alors que dans les années 40 et 41 naît le be-bop dans une cave new-yorkaise : le MINTON’S PLAYHOUSE. La grande figure guitaristique de cette aventure sera Charlie CHRISTIAN, mort trop jeune au terme d’une carrière météoritique qui ne lui laissera pas le temps de s’exprimer en solo absolu. Il fait école et dans sa trace, émerge une génération de formidables stylistes tels le génial Wes MONTGOMERY (qui, néanmoins, laissera peu de pièces en solo) ou les Johnny SMITH, Kenny BURREL, Barney KESSEL, Jim HALL. Avec d’autres, ils vont s’attacher à raffiner cet art et adapter l’héritage d’Eddie LANG au langage bop et, au fond, inventer un jeu de guitare de plus en plus pianistique.

Dans cet esprit, JOE PASS fait sensation en 1974 avec son disque « Virtuoso » suivi de ses premiers concerts en Europe (tel celui de Juan, où se pressait le gotha français des guitaristes de jazz!). Suivront de nombreux autres disques en solo et en duo avec Ella Fitzgerald, dans lesquels on retrouve l’influence de Mc Donough et d’Eddie Lang transposée dans le bop, et où le génie et la générosité de Pass explosent.

La prochaine révolution sera emmenée par le Britannique John McLAUGHLIN. Engagé dans une démarche spirituelle (il suit l’enseignement du guru Indien Sri Chinmoy), son disque « My Goal’s Beyond » lui permet d’explorer les croisements entre musiques indiennes jazz moderne de Miles Davis ou Chick Corea et annonce le « jazz-fusion » du Mahavishnu Orchestra. Il réhabilite la guitare acoustique (avec une des premières Ovation Balladeer à caisse en fibre de verre de forme ovale) et révolutionne au passage les conceptions harmoniques et rythmiques habituelles (rythmes impairs). Son jeu s’approche parfois du sitar (certains de ses instruments ultérieurs allaient être dotés de cordes “sympathiques”).

Pendant ce temps, un autre Britannique, Derek BAILEY, après avoir suivi le parcours le plus classique qui soit en jazz (dixieland puis swing, puis bop) va brusquement s’attacher à réinventer un nouveau langage et s’inscrire dans le sillage des pionniers européens des « musiques improvisées » … sans jamais renier les standards, à la façon d’Eddie LANG, comme le montre son album “Ballads”, l’un de ses derniers disques préfacé par Marc RIBOT.

C’est en évoquant ce dernier que se conclut la première partie de l’aventure. Il faudra ultérieurement revenir sur la période la plus récente, évoquer les apports de l’électronique et l’utilisation de techniques particulières (tapping), les métissages avec les cultures extra européennes, en commençant par le père de la guitare jazz moderne, JIM HALL.

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déc 08

Superbe conférence sur la batterie Jazz à la Maison de la Musique

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Jacques Bonnardel a judicieusement équilibré la conférence entre démonstrations live et discours plus didactique ...

Jacques Bonnardel a judicieusement équilibré la conférence entre démonstrations live et discours plus didactique ...

Jo Jones, Chick Webb, Kenny Clarke, Art Blakey … Comment dérouler l’histoire de la batterie Jazz en évitant l’écueil d’une longue et rébarbative liste de musiciens ?
Et bien, lundi soir, Jacques BONNARDEL a brillamment relevé et emporté le défi. Le fondateur de JAZZ ACTION VALENCE a su trouver l’équilibre entre extraits audio, extraits vidéo, démonstrations live et rappels didactiques.

La batterie n’existe que depuis un siècle, le saviez-vous ? Elle est née quelque part entre les tambours militaires des grognards de Napoléon (qui scandaient des “marches” pour motiver les troupes) et les tambours africains que les esclaves noirs ont emmenés avec eux en Amérique. La musique restait, alors, leur seul espace de liberté et d’expression.

Il faut se promener dans les rues de la Nouvelle Orléans au début du XXe siècle et s’arrêter sur Congo Square pour voir les premiers groupes tout entier dédiés aux percussions. Le jazz habite la rue à cette époque. Et puis, très vite, l’apparition des premiers clubs force l’imagination des musiciens.
Ces salles étroites et voûtées ne peuvent plus accueillir un homme pour chaque instrument : grosse-caisse, caisse claire, cymbales. Désormais, il faut un musicien pour l’ensemble. Les premières batteries telles qu’on les connaît aujourd’hui sont signées LUGWIG. Encore très simples, elles déploient néanmoins de superbes décors peints à la main, notamment sur la grosse-caisse.
Le voyage se poursuit à Chicago dans les années 20. Jo Jones, Cosy Cole et Chick Webb imposent le batteur comme leader potentiel, comme chef d’orchestre ! La batterie n’est plus restreinte au seul rôle d’accompagnement. Et voilà que l’on joue avec des baguettes, bien sûr, mais aussi des balais, des mailloches… La batterie se fait meneuse pour ce Jazz qui se danse jusque tard dans la nuit.

La Première Guerre Mondiale est conjointe à la création du Be Bop : musique qui, elle, s’écoute plus qu’elle ne se danse. Les clubs sont plus petits, moins nombreux. Kenny Clarke est le roi de l’époque. Dans les années 50 et 60, deux génies se distinguent aux côtés de Sony Rollins : Art Blakey et Roy Haynes. Technicité éblouissante et, surtout, un engagement physique (presque animal) encore rarement égalé. Ils jouaient leur vie sur scène ; ils mourront jeunes.
Avec le Jazz Rock et John Coltrane, on voit apparaître des batteurs qui jouent de façon beaucoup plus dense. Qui “donnent de l’épaisseur”. Jack DeJohnette, Elvin Jones, Tony Williams …

Plus que toutes ces figures mythiques, Jacques BONNARDEL a finalement mis en lumière une “nature” de batteurs. Une philosophie de jeu.
Parce que le vrai batteur de Jazz ne se pense qu’au travers d’un groupe, d’une création collective. L’écoute, la stimulation réciproque doivent être devant la technique. Il suffit d’écouter Daniel Humair et ses prises de risques constantes au service de la création pour comprendre !

Pour aller plus loin … : “Une Histoire de la batterie de jazz”, de Georges Paczynski

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